Monsieur Loyal dans son costume de scène est tiré à quatre épingles. Cheveux lissés et gominés, mains manucurées. Il roule les R lorsqu'il endosse son personnage qui présente le spectacle sous une pluie d'applaudissements.
La faune sauvage défile tandis qu'en coulisses la faune humaine s'agite, s'échauffe ou gesticule, des paillettes de mille couleurs, des couleurs de mille feux rien ne semble coordonné. Les numéros se suivent en un cortège bien rythmé, derrière lui l'orchestre suit le jeu.
Lorsque tous ont salué et que le cirque se vide monsieur Loyal rentre chez lui. Sa femme est funambule. Trop occupé à son sérieux et à sa propre fête, trop imbu ou suffisant il est atteint d'une myopie foudroyante. Quand il rentre chaque soir vidé d'avoir tant donné il devient irascible. Enfoncé dans son fauteuil princier il donne des coups de mots violents à qui le frôle d'un regard ou d'un geste innocent et maladroit.
Sa femme est là comme toujours, occupée à sa vie parallèle de femme active. Elle plie le linge , s'occupe de faire les courses, s'affaire au bon déroulement de la croissance des enfants. Elle court en tous sens comme une mouche affolée et prise au piège.
Elle essuie les sarcasmes qui virevoltent et qui lui font penser aux torches enflammées de son ami jongleur qui font un bruit sourd quand il se loupe .
Madame Loyal est une maligne elle s'est achetée un sourire qu'elle peut chausser à tout instant. D'un geste sur l'épaule, d'un regard rassurant elle sait calmer les regards interrogateurs . Mais de ses yeux un peu violacés,de ses pertes de mémoires récurrentes et de son coeur sec qui la trahissent, il ne voit rien.
Puis Monsieur Loyal s'endort de son sommeil lourd et sonore. Elle se retrouve face à elle et peut regarder la lune et les étoiles pour se dire : "Je me retire à la campagne, pour vérifier si l'herbe est toujours verte et douce sous les doigts de pieds". Au temps où elle était saltimbanque occupée à faire de la peinture, elle s'essayait à la sculpture ou bien à l'écriture. Elle courrait la campagne, allait à la pêche. C'était un temps où il y avait de l'eau dans les rivières, un temps où les champs n'étaient pas clôturés. Elle faisait des cabanes qui ne servaient à rien une fois achevées. Elle grimpait aux arbres et regardait le monde en se cachant. Elle sautait les marches défiant l'apesanteur et le destin chaussée de patins à roulettes. "Je vais y prendre mon vélo et pédaler assez longtemps pour que le vent vienne frapper mes joues rosies par la fraîcheur ou le soleil mourant. Je veux oublier pour quelques temps les bruits des moteurs, les voies qui s'exclament dans toutes les langues , s'esclaffent et éclaboussent comme une explosion de confettis . Je veux entendre les oiseaux, le bruit des feuilles dans les arbres et le soleil brûlant sur ma peau citadine et enfin dormir longtemps." Se reposer quelques temps pour prendre deux trois décisions reportées sans cesse obstinément. S'obliger à ne pas penser peut devenir un travail à plein temps.
Lorsque tous ont salué et que le cirque se vide monsieur Loyal rentre chez lui. Sa femme est funambule. Trop occupé à son sérieux et à sa propre fête, trop imbu ou suffisant il est atteint d'une myopie foudroyante. Quand il rentre chaque soir vidé d'avoir tant donné il devient irascible. Enfoncé dans son fauteuil princier il donne des coups de mots violents à qui le frôle d'un regard ou d'un geste innocent et maladroit.
Sa femme est là comme toujours, occupée à sa vie parallèle de femme active. Elle plie le linge , s'occupe de faire les courses, s'affaire au bon déroulement de la croissance des enfants. Elle court en tous sens comme une mouche affolée et prise au piège.
Elle essuie les sarcasmes qui virevoltent et qui lui font penser aux torches enflammées de son ami jongleur qui font un bruit sourd quand il se loupe .
Madame Loyal est une maligne elle s'est achetée un sourire qu'elle peut chausser à tout instant. D'un geste sur l'épaule, d'un regard rassurant elle sait calmer les regards interrogateurs . Mais de ses yeux un peu violacés,de ses pertes de mémoires récurrentes et de son coeur sec qui la trahissent, il ne voit rien.
Puis Monsieur Loyal s'endort de son sommeil lourd et sonore. Elle se retrouve face à elle et peut regarder la lune et les étoiles pour se dire : "Je me retire à la campagne, pour vérifier si l'herbe est toujours verte et douce sous les doigts de pieds". Au temps où elle était saltimbanque occupée à faire de la peinture, elle s'essayait à la sculpture ou bien à l'écriture. Elle courrait la campagne, allait à la pêche. C'était un temps où il y avait de l'eau dans les rivières, un temps où les champs n'étaient pas clôturés. Elle faisait des cabanes qui ne servaient à rien une fois achevées. Elle grimpait aux arbres et regardait le monde en se cachant. Elle sautait les marches défiant l'apesanteur et le destin chaussée de patins à roulettes. "Je vais y prendre mon vélo et pédaler assez longtemps pour que le vent vienne frapper mes joues rosies par la fraîcheur ou le soleil mourant. Je veux oublier pour quelques temps les bruits des moteurs, les voies qui s'exclament dans toutes les langues , s'esclaffent et éclaboussent comme une explosion de confettis . Je veux entendre les oiseaux, le bruit des feuilles dans les arbres et le soleil brûlant sur ma peau citadine et enfin dormir longtemps." Se reposer quelques temps pour prendre deux trois décisions reportées sans cesse obstinément. S'obliger à ne pas penser peut devenir un travail à plein temps.
Mais demain il fera jour. Monsieur Loyal se réveillera. Le balais incessant des choses du quotidien emportera un peu plus loin et pour quelques temps,ces réflexions nocturnes qui se tapissent entre les fougères en attendant leur temps.
