lundi 25 mai 2009

Il pleut
Il pleut en vague, en torrent dans un ciel lumineux.Tu viens de partir.Sur ma joue claire, la brume de mes yeux s'écoule en laissant dans sa course deux lignes noirs de mascara qui s'échappent en silence.Quand je pense à tout ce temps à attendre, à me chercher! Moi, à trop te craindre je t'ai mis de côté. Une place bien au chaud dans mon cœur toute spéciale. D'une main hésitante j'ai fini par approcher et poser mes doigts sur tes doigts, ma paume dans la tienne, ma bouche sur tes lèvres.Et puis la fièvre qui s'installe, le souffle court, les yeux dévorants et nos corps dénudés. A rire du temps que nous avons tissé à guetter l'un prés de l'autre ce moment qui n'aurait su attendre plus longtemps.Mais il pleut.La nature se délecte de pouvoir enfin se nourrir après cette vague de chaleur. Elle va rire, demain de cette félicité. Les fleurs arrogantes ne vont en être que plus belles. Mon cœur se serre de ses heures et ce temps qui s'en fout.Tu es loin et tu ries d'un ailleurs qui t'attire et te tire hors de moi et m'enchaine à ma place. Je pense alors à toutes ses habitudes qu'il me faut reprendre, à celles que je dois laisser. J'espère sans y croire voir le jour où une autre personne ouvrira pour que je m'y vautre sans retenues, l'espace de ses bras.Mais en attendant, j'ai mal et mon cœur est une plaie qui saigne et sur mes joues blêmes il pleut.

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