mercredi 5 août 2009

Moteur ça tourne!

Il y a des moments où l'on se sent vraiment seul,
des moments où personne ne peut rien pour vous.
Pas un regard de réconfort ni une caresse de mots fossiles
ne peuvent étancher la peine.
Deux mois de rencontre, de téléphone endiablé pour raccourcir les distances,à se réchauffer au feu de l'autre.
Trois dîners de proximité à se découvrir tout heureux d'être content du peut-être avoir enfin trouvé quelqu'un
avec qui partager son humble existence.
On s'échange alors comme dans un vrai curriculum vitae
ses qualités, ses défauts.
En veux tu en voilà, tu n'as qu'a piocher
et voir si de mes moins tu peux t'accommoder.
Et puis zut, nous sommes adultes après tout au diable les mijaurées!
Nous nous rapprochons et faisons l'amour
comme si nous en avions manqué depuis...
combien en années?
Nous avions repoussé ce moment debout toujours à un fil
redoutant et pourtant convoité.

Peu de temps après plus de nouvelle.
Je ne suis pas une exception,
personne ne demandera de quoi il retourne.

Comme une surprise n'arrive jamais seule
et souvent au nombre de trois,
en fin de mois je m'inquiète.

J'en perds le sommeil.
Le ventre tendu et douloureux, la faim me tenaille,
je vide placard et frigo plus vite qu'une armée d'adolescents affamés.
Mon intérieur est en train de changer
et je ne reconnais aucun signe.

J'aurais pu courir au supermarché d'à côté,
plonger parmi les anonymes
acheter de quoi me réconcilier avec mon antre
mais je ne peux me résoudre à faire confiance aveuglément à deux barres roses sur une bande blanche.

Je suis méfiante, on ne se refait pas.
Je décide de m'en remettre à la science.

L'aiguille plantée dans le bras,
je prie tous les dieux de la terre et du ciel
pour que s'arrête ce calvaire.

La dame en blanc me dit de revenir dans l'après midi
pour me donner les résultats.

Seule encore une fois je rentre toute chose.
Les questions se bousculent;
oui mais peut être et non quoi qu'il en soit..

Les aiguilles de la pendule me narguent d'un sourire petit puis béat.
Je deviens une femme pendule,
elle et mon horloge biologique me chante leur chanson sinistre;
tic tac le temps file et passe tic tac avec le temps tout s'efface.

La tête basse je pousse la porte de la vérité,
la femme en blanc m'accueille d'un large sourire .
Elle ne sait pas que je veux mais mais pas maintenant.
Elle ne sait pas qu'il n'est pas temps pour moi.

Elle me tend la feuille je l'attrape d'une main aussi hésitante qu'a l'école, lorsque je craignais une mauvaise note.

Parmi touts les mots qui se bousculent
je cherche et trouve enfin
celui qui résonne.

Je ressens alors un soulagement
indéfinissable.

Je plaque ma nuque sur l'appui tête
les yeux emplis de larmes,

je comprends soudainement toute la fatigue,
le ventre noué et cette faim...

...dépression.


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