mardi 14 juillet 2009

Après ouverture, à conserver au réfrigérateur...

J'ai mis ma capuche et j'ai marché.
Je suis partie loin pour ne pas revenir,
prisonnière de ma tête
je n'avais pas vu que tu y campais.

Faut-il seulement vouloir pour oublier?

J'ai enfoncé ma capuche jusqu'aux oreilles
puis j'ai marché les mains dans les poches
pour ne pas sentir la caresse du vent.
C'était sans compter que tu étais encré dans mon cœur
pour ne pas l'entendre hurler.

Faut-il seulement vouloir oublier?

Je suis montée au grenier,
j'ai enlevé toutes les poussières,
jeté tous les feuillets parfumés,
brûlé toutes les couvertures avec lesquelles nous avons joué
des heures de pleine lune, des après-midi de forêt et des matins feutrés.

Mais rien y fait.
J'attends que les saisons passent lentement en années.
Sur l'étagère s'accumulent des livres dévorés
comme des friandises savamment parfumées.
J'ai repris ma place au fond de la grotte près des stalactites
me cachant des autres dans ma tenue de camouflage
en priant le diable de ne pas me bousculer.

Désormais je mords qui veut me toucher,
devenue animale comme eux.
J'ai d'avantage d'instinct que de raison.
Mon ouïe s'est tant développée que j'entends leurs voix minauder,
comme des chats aux saisons des amours.

Exit les doux projets bien huilés comme les rouages d'une machine ancestrale
que l'on se refile de génération en génération.

Alors pour que rien ne pourrisse mieux vaut le garder congelé.

1 commentaire:

  1. Tout dans la subtilité et la beauté du mot...

    J'adhère et j'adore. Je tacherai d'élaguer mes arguments un peu moins car tes textes se passent de commentaires.

    Bisous d'une plume

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