mardi 25 août 2009
Bipède
Suspendue à tes lèvres comme un piercing un peu voyant
dans ma robe rose pailletée,
j'attends près du téléphone en écoutant un medley de Gainsbourg.
Jusqu'ici rien de grave,
un peu de temps à perdre
l'air est doux et tu dois téléphoner.
Je trace sur mon vieux cahier quelques mots
en m'interrogeant sur l'orthographe à adopter.
Du même coup,
je me demande quelle classe j'ai bien pu louper
pour être aussi médiocre!
Je suis vautrée comme une guimauve sur le fauteuil en cuir
et je pourrais t'écrire un poème.
Viens sortons un peu voir si l'herbe est fraîche
et allons regarder les arbres à l'envers.
Allons voir une expo quelconque bras dessus bras dessous
en sifflant d'un air léger qu'on est heureux d'être ensemble.
Parlons de la lumière et de l'ombre...
Tiens, si nous faisions des ombres chinoises avec nos corps
sur les quatre murs de la chambre?
Je pourrais te glisser à l'oreille....
J'allume une clope à l'aide du briquet posé à la droite du paquet
sur la table de salon.
En constatant cela je me demande si je le fais toujours?
Il faudra que je me surveille pour voir si c'est une habitude.
Ça fait combien de temps que je gratte sur le papier maintenant?
Je vérifie si mon portable silencieux est toujours en état de marche.
La colère me gagne et j'écris maintenant une longue tirade à ton sujet.
Tu n'as aucune parole!
Pourquoi es-tu aussi catégorique
lorsque tu certifies me téléphoner dans une tranche horaire précise?
Je te déteste d'avoir cette vilaine habitude
qui se répercute sur mon humeur
comme une coulée de caramel sur un flan.
Si tu appelles je ne décroche pas, ça te fera les pieds.
Quand je te verrai au hasard des rues,
je te dirai que je me suis envoyée en l'air,
en large en long et en travers pendant dix heures,
que je n'ai fait des poses que pour attraper une bouteille d'eau.
J'ai failli me brûler avec ma clope.
Il parait que les guimauves grillées sont délicieuses.
Il faudra que j'essaie un jour, afin d'avoir un avis tranché sur le sujet.
Ça fera toujours un truc de moins à faire
et un truc palpitant à raconter lors d'un dîner d'affaire
auquel je ne participe pas.
Il faut savoir se donner des priorités et des objectifs à sa portée
si on ne veut pas se décevoir.
L'heure limite est atteinte.
J'éteins cet imbécile de portable,
je ferme à Gainsbourg sa grande gueule
de chanteur de douceurs allongées.
Je me réfugie devant la glace et me défais.
Mes cheveux d'abord que j'avais fait l'effort de coiffer.
Ma robe qui finalement me boudine
comme une pastèque engoncée dans une taille barbie.
J'enfile vaillamment mon peignoir tue l'amour
je ressemble maintenant à Bob l'éponge au féminin.
J'appelle mes copines,
on décapsule les bières devant un match de rugby
en beuglant à la manière de poissonnières les jours de marché.
Quand elles repartent, je rallume mon portable
finalement tu as appelé avec trois heures de retard.
J'entends ta jolie voix au bout du fil qui se confond en plates excuses... gnagnagna.
Trot tard je suis trop crevée.
lundi 17 août 2009
mercredi 12 août 2009
Petits bouts de vie
J'ai vos doigts fluets dans mes mains nous marchons côte à côte,
ils me semblent si fragiles!
J'ai peur de vous serrer trop fort et vous briser les phalanges.
Je vous embarque dans ma vie vous culbutant à mes propres portes
qui se ferment et celles qui s'ouvrent parfois.
De vos yeux bleus que j'ai créé de mes nuits rondes,
vous me regarder et un large sourire s'épanouit
sur vos joues pleines de votre visage juvénile.
Je deviens alors une maman invincible
qui vient de vaincre contre tous ceux qui n'y croyaient pas.
Cette instant là restera gravé dans ma mémoire toute ma vie.
Comme ces mots que vous me glissez lors de moments calfeutrés que nous nous accordons à la nuit tombée dans le moelleux de votre lit : maman je t'aime.
La tête me tourne et je chavire.
La tête me tourne et je chavire.
Je n'ai même pas encore le coeur assez grand pour porter tout l'amour que j'ai pour vous.
En attendant que vous deveniez ce que vous voudrez bien devenir,
je vous regarde,
émerveillée par ces bouts de bonnes femmes en devenir.
Vous vous agitez contre les injustices,
pestez contre le monde qui va mal.
Je vous observe recueillir dans un bocal les insectes
pour les regarder se mouvoir pendant des heures.
Vous créez une bataille en mélangeant plusieurs espèces
ou vous leur donnez des feuilles pour qu'au contraire ils survivent.
Ça rampe, ça vole, ça s'agite avec de minuscules pattes
s'accrochant aux parois transparentes ou au couvercle
pour retomber inlassablement.
Le chat arrive en majesté la queue dressée
Le chat arrive en majesté la queue dressée
le sourire au coin de la gueule comme toujours.
Il vient se faufiler dans vos jeux pour qu'on s'occupe de lui.
Il se frotte à vos jambes l'air de rien, vous entreprenez une caresse,
c'est partie pour une course poursuite avec lui
et une partie de cache cache est improvisée .
J'aime aussi vous voir vous blottir contre moi lorsque je bouquine pour savoir de quoi ça parle et suivre du bout du doigt
J'aime aussi vous voir vous blottir contre moi lorsque je bouquine pour savoir de quoi ça parle et suivre du bout du doigt
où mes yeux peuvent bien courir.
Sur la pointe des pieds vous partez un instant et revenez avec vos trésors que vous avez emballez dans un papier cadeau de fortune
un marque page personnalisé,
un dessin ou une histoire que vous venez d'écrire.
Alors je lis à voix haute cette composition
Alors je lis à voix haute cette composition
en prenant soin de ne rien abîmer
pour que de vos voix d'enfants je ne me fasse fâcher.
Ce courroux se terminera de toute façon en bagarre générale.
J'aurais alors retrouvé mes dix ans à coups de chatouilles et de bisous roulées les unes sur les autres il n'y a plus de frontières.
Je m'enfuis en courant vers la cuisine,
j'ai perdu encore une fois mais c'était entendu, attendu.
Un petit coup d'oeil à la pendule, je ramène alors l'ordre d'un mot :
" il est l'heure de faire le dîner".
dimanche 9 août 2009
jeudi 6 août 2009
mercredi 5 août 2009
Moteur ça tourne!
Il y a des moments où l'on se sent vraiment seul,
des moments où personne ne peut rien pour vous.
Pas un regard de réconfort ni une caresse de mots fossiles
ne peuvent étancher la peine.
ne peuvent étancher la peine.
Deux mois de rencontre, de téléphone endiablé pour raccourcir les distances,à se réchauffer au feu de l'autre.
Trois dîners de proximité à se découvrir tout heureux d'être content du peut-être avoir enfin trouvé quelqu'un
Trois dîners de proximité à se découvrir tout heureux d'être content du peut-être avoir enfin trouvé quelqu'un
avec qui partager son humble existence.
On s'échange alors comme dans un vrai curriculum vitae
ses qualités, ses défauts.
En veux tu en voilà, tu n'as qu'a piocher
et voir si de mes moins tu peux t'accommoder.
Et puis zut, nous sommes adultes après tout au diable les mijaurées!
Nous nous rapprochons et faisons l'amour
comme si nous en avions manqué depuis...
combien en années?
Nous avions repoussé ce moment debout toujours à un fil
redoutant et pourtant convoité.
Peu de temps après plus de nouvelle.
Je ne suis pas une exception,
personne ne demandera de quoi il retourne.
Comme une surprise n'arrive jamais seule
et souvent au nombre de trois,
en fin de mois je m'inquiète.
et souvent au nombre de trois,
en fin de mois je m'inquiète.
Le ventre tendu et douloureux, la faim me tenaille,
je vide placard et frigo plus vite qu'une armée d'adolescents affamés.
Mon intérieur est en train de changer
et je ne reconnais aucun signe.
J'aurais pu courir au supermarché d'à côté,
plonger parmi les anonymes
acheter de quoi me réconcilier avec mon antre
mais je ne peux me résoudre à faire confiance aveuglément à deux barres roses sur une bande blanche.
Je suis méfiante, on ne se refait pas.
Je décide de m'en remettre à la science.
L'aiguille plantée dans le bras,
je prie tous les dieux de la terre et du ciel
pour que s'arrête ce calvaire.
La dame en blanc me dit de revenir dans l'après midi
pour me donner les résultats.
Seule encore une fois je rentre toute chose.
Les questions se bousculent;
oui mais peut être et non quoi qu'il en soit..
Les aiguilles de la pendule me narguent d'un sourire petit puis béat.
Je deviens une femme pendule,
elle et mon horloge biologique me chante leur chanson sinistre;
tic tac le temps file et passe tic tac avec le temps tout s'efface.
La tête basse je pousse la porte de la vérité,
la femme en blanc m'accueille d'un large sourire .
Elle ne sait pas que je veux mais mais pas maintenant.
Elle ne sait pas qu'il n'est pas temps pour moi.
Elle me tend la feuille je l'attrape d'une main aussi hésitante qu'a l'école, lorsque je craignais une mauvaise note.
Parmi touts les mots qui se bousculent
je cherche et trouve enfin
celui qui résonne.
Je ressens alors un soulagement
indéfinissable.
Je plaque ma nuque sur l'appui tête
les yeux emplis de larmes,
je comprends soudainement toute la fatigue,
le ventre noué et cette faim...
...dépression.
Inscription à :
Articles (Atom)
