
mardi 26 mai 2009
Ma boite métallique rectangulaire a un couvercle amovible à charnière. Elle est dépositaire de mille et une indiscrétions dans une cuisine qui transpire lorsque les convives se joignent à ma table.
Principal témoin sur l'identité des phalanges qui s'y sont plongées avant d'attraper les breuvages et d'apposer les mugs à des bouches qui deviendront vite bavardes. En cet instant, tout s'agite en des gestes précis, les cuillères teintent, les voix se mêlent et commettent les délits de langage dilués dans la fumée, sur l'existence intime et individuelle.
Elle devient sociologue et vous raconterait sans chantage des histoires vécues ou à venir. Elle vous conterait les destins de batailles de chacun sa chacune. Les luttes sur le bord d'un précipice, les fils tendus que l'on tient d'une main ferme pour ne pas que la barque s'éloigne aux regrets des envies. Ceux qui rament à deux mains et font de leur vie un champ fertile ou poussent des fleurs nourries par des cadavres de soucis. Ceux qui ont perdu une rame et tournent en rond comme un animal qui se mord la queue et qui avance quand même. Jusqu'à cette histoire incroyable, où certains attaquent la falaise à pleines dents oubliant où était le rivage, où ceux qui restent sur le rivage, frissonnants tout le long du corps en attendant le courage de se mettre à l'eau.
Ce coffret garde en lui toutes les questions qui flottent comme des lampions qu'on se presse d'éteindre avant de finir incendié au petit matin. Il peut vous dire jusqu'aux intonations qui déclanchent des crises de fou rire mêlées parfois de larmes et des larmes sans crises de rire. Tout ces contes mélangés à l'instar d'une pelote de laine dont un chaton s'est saisi pour jouer s'y emmêlant lui même.
C'est pourquoi je range cette indiscrète en m'assurant de fermer le couvercle pour qu'elle ne divulgue pas à des oreilles infidèles ce qui se passe lorsque l'on refait le monde autour de ma table au fond de ma cuisine.
lundi 25 mai 2009
Il pleut
Il pleut en vague, en torrent dans un ciel lumineux.Tu viens de partir.Sur ma joue claire, la brume de mes yeux s'écoule en laissant dans sa course deux lignes noirs de mascara qui s'échappent en silence.Quand je pense à tout ce temps à attendre, à me chercher! Moi, à trop te craindre je t'ai mis de côté. Une place bien au chaud dans mon cœur toute spéciale. D'une main hésitante j'ai fini par approcher et poser mes doigts sur tes doigts, ma paume dans la tienne, ma bouche sur tes lèvres.Et puis la fièvre qui s'installe, le souffle court, les yeux dévorants et nos corps dénudés. A rire du temps que nous avons tissé à guetter l'un prés de l'autre ce moment qui n'aurait su attendre plus longtemps.Mais il pleut.La nature se délecte de pouvoir enfin se nourrir après cette vague de chaleur. Elle va rire, demain de cette félicité. Les fleurs arrogantes ne vont en être que plus belles. Mon cœur se serre de ses heures et ce temps qui s'en fout.Tu es loin et tu ries d'un ailleurs qui t'attire et te tire hors de moi et m'enchaine à ma place. Je pense alors à toutes ses habitudes qu'il me faut reprendre, à celles que je dois laisser. J'espère sans y croire voir le jour où une autre personne ouvrira pour que je m'y vautre sans retenues, l'espace de ses bras.Mais en attendant, j'ai mal et mon cœur est une plaie qui saigne et sur mes joues blêmes il pleut.
Il pleut en vague, en torrent dans un ciel lumineux.Tu viens de partir.Sur ma joue claire, la brume de mes yeux s'écoule en laissant dans sa course deux lignes noirs de mascara qui s'échappent en silence.Quand je pense à tout ce temps à attendre, à me chercher! Moi, à trop te craindre je t'ai mis de côté. Une place bien au chaud dans mon cœur toute spéciale. D'une main hésitante j'ai fini par approcher et poser mes doigts sur tes doigts, ma paume dans la tienne, ma bouche sur tes lèvres.Et puis la fièvre qui s'installe, le souffle court, les yeux dévorants et nos corps dénudés. A rire du temps que nous avons tissé à guetter l'un prés de l'autre ce moment qui n'aurait su attendre plus longtemps.Mais il pleut.La nature se délecte de pouvoir enfin se nourrir après cette vague de chaleur. Elle va rire, demain de cette félicité. Les fleurs arrogantes ne vont en être que plus belles. Mon cœur se serre de ses heures et ce temps qui s'en fout.Tu es loin et tu ries d'un ailleurs qui t'attire et te tire hors de moi et m'enchaine à ma place. Je pense alors à toutes ses habitudes qu'il me faut reprendre, à celles que je dois laisser. J'espère sans y croire voir le jour où une autre personne ouvrira pour que je m'y vautre sans retenues, l'espace de ses bras.Mais en attendant, j'ai mal et mon cœur est une plaie qui saigne et sur mes joues blêmes il pleut.
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