mardi 30 juin 2009

A bras le corps.

J'avais envie de te rejoindre dans la chaleur de ta couche dans un bruissement de draps à peine plus perceptible qu'un battement d'ailes. Comme ça, sans prévenir et ne pas te tirer de tes songes, faire irruption pour t'entendre respirer et gouter à l'odeur de tes nuits.
Me glisser délicatement contre ton corps qui diffuse comme une onde insidieuse sous un draps léger épousant les courbes de ton corps.
Me trouver tout contre ta torpeur et me demander de quoi sont fait tes songes ainsi te voler cet instant à ton insu.
Je sais que la pulpe de mes doigts ne résisterait pas longtemps à parcourir tout du long le grain de ta peau, allant et venant au gré de mes découvertes fécondes.
Juste envie d'une étreinte innocente et sage qui dirigerait ma gourmandise au ras de tes lèvres et m'attirerait plus fort prés de ton âtre à sentir le souffle de ton corps sur ma fine bouche.
Et si j'y succombais dans un étourdissement inconsidéré, m'oubliant, t'oubliant au profit d'un songe plus que réel où nos bras se lient et s'emmêlent tendant les corps aux ventres brulants chauffés par un soleil d'Août insoutenable? La vague nous entraine roulés comme des galets polis par le roulis qui se déroule au parchemin de nos vies.
Le petit matin s'étire finalement à l'horizon laissant sous nos yeux la fatigue et un sourire sur nos lèvres rougies à peine étonnés par la satisfaction de cette intrusion délicieuse .

mercredi 24 juin 2009


lundi 22 juin 2009

le bouquet

la vague des plats du jour costard cravate et ceux qui se sont donnés rendez vous lançant une bouteille à la mer, venait de se retirer. Un calme plat envahissait le petit café du coin de la rue. Au fond, elle essuyait les verres d'un geste vif et sûr et s'agitait autour des dernières tables couvertes de débris d'un instant de vie qui s'était écoulé dans un brouhaha parfois joyeux et d'autres au bord des yeux. Souvent les yeux font plus de bruits que les paroles et donnent plus de sens que les mots ne sont capables d'exprimer.
Absorbée par une image qui venait toujours dans ces moments d'accalmies, insaisissable image qui la poursuivait accompagnant des douceurs, des caresses et ses phrases tissées comme un tapis marocain. Les sens en éveille elle sentit derrière elle une présence.
"monsieur vous désirez quelque chose?"
_Non
-vous attendez quelqu'un?
-non
Elle s'approche du zinc où l'homme attendait un sourire poupin au coin des lèvres une chemise à élastique pressée contre son torse.
-vous avez un élastique?
-oui je dois avoir ça quelque part par ici. Voici.
-c'est pour tenir ce bouquet!
Pendant que l'inconnu maintenait fermement le bouquet entre ses doigts épais elle agitait ses mains pour serrer l'élastique tant convoité.
-Il aurait fallut tailler toutes les tiges à la même hauteur pour que ce soit plus facile.
-je sais, mais il s'agit de fleurs des champs et je n'avais pas de quoi faire. Tenez, c'est pour vous, je n'ai personne à qui l'offrir!
Elle jeta un regard interrogateur sur ce visage avec qui elle échangeait depuis une minute trente. Il devait être bien plus jeune qu'elle . Le temps que thifaine se retourne pour attraper quelque chose dans quoi le déposer, l'inconnu s'en était allé. Laissant derrière lui une multitude de questions très légères, un bouquet magnifique dévoilant du même coup une créativité à fleur de peau et une odeur de rose à faire tourner la tête.
Elle ne se sentait pas plus jolie qu'une autre avec son odeur de graillon et ses cheveux hirsutes, sa peau moite d'avoir couru en tout sens pour rendre plaisir en un temps record à une horde d'affamés. Il aurait pu entrer dans n'importe quelle boutique alentours mais c'était ici qu'il avait décidé de déposer l'objet de son dénuement avec cette grâce de ne pas démontrer sa tristesse. Elle l'en savait grè lui donnant du même coup le coeur à l'ouvrage pour la fin de la soirée.